Paco Salamander – Interview

Paco Salamander – Interview (Septembre 2007)

Paco Salamander, artiste pluridisciplinaire, nous dévoile quelques facettes de sa personnalité à travers ces quelques questions, essentielles à la compréhension de sa démarche.

INTERVIEW 2007

Votre parcours en tant que peintre est relativement récent même si vos premières créations datent des années 80. Vous pouvez nous en dire plus ?

Et bien j’ai commencé à dessiner dès mon plus jeune âge. A 12 ans c’était mon passe temps favori et je passais des journées entières à vouloir créer des bandes dessinées sans jamais être capable de les terminer d’ailleurs. Ce qui était assez frustrant !

Vous savez, j’ai perdu mon père à l’âge de 10 ans, pratiquement sous mes yeux et cette fracture m’a forgé très tôt. Elle m’a aussi contraint à choisir d’autres voix d’expression alors que je me laissais enfermer peu à peu dans une sorte de déprime, d’un rejet de la société et de mes semblables parce que j’avais été trahi par la Vie avant de pouvoir me construire. Il a fallu que je trouve des réponses moi-même. Au fil du temps le processus s’est amplifié mais j’ai appris à canaliser mon désespoir avec le temps, à travers la peinture principalement. Comme un miroir dans lequel je projetais mon imaginaire et qui me renvoyait enfin de « belles » images. C’est plutôt rassurant parce que ça ma permis de durer et fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais manqué d’amour non plus et ça fait toute la différence sur la personnalité d’un être et sur son devenir.

Justement, devant l’étendue des disciplines que vous pratiquez, pouvons-nous considérer, à juste titre, qu’il n’existe qu’un seul Paco Salamander, peintre et infographiste ou bien deux personnalités distinctes ?

Il n’y en a qu’un bien sûr. Le fait d’exercer dans plusieurs disciplines ne forge pas une personnalité. Ça permet de l’exprimer en bien, en mal, ou les deux à la fois. Les outils informatiques restent des outils même parfaitement maîtrisés. D’ailleurs je n’ai jamais pensé aborder la peinture avec la palette graphique, curieusement ! Je produis de très belles images, de superbes montages, de magnifiques décors de dessins animés ou de jeux, certes, mais rien à voir avec l’expression picturale. Et le pixel n’offre pas ce rapport intime à l’image dans ce qu’elle apporte de sensuel. Avec la peinture vous manipulez de la matière, vous jouez avec les reliefs, les ombres, les lumières, le sens olfactif, le sens tactile et parfois la gravité ou les conditions atmosphériques pourquoi pas. Une image digitale n’offre qu’un rapport visuel et tronqué de la personnalité de l’artiste. Ces images n’ont pas d’âme dans le sens où vous ne pouvez pas entretenir un rapport intime avec son créateur, ni le pister dans sa démarche. Elles manquent de sincérité d’ailleurs puisque vous pouvez les retoucher à l’infini.

Vos peintures ont cette caractéristique minimaliste et plutôt abstraite que l’on rencontre chez nombre de nos contemporains et pourtant vous n’avez pas de démarche classique. Pas de séries ou de thèmes de prédilection. Pourquoi ?

Oui c’est exact. J’entretiens d’excellents rapports avec l’art académique mais ça n’est pas l’objet de ma démarche. Je vous ai dit précédemment que la peinture était pour moi un moyen d’expression avant tout. Elle reflète complètement certains aspects de ma personnalité, mes tracasseries ou mes joies, rien de plus. C’est aussi un filtre indispensable à ma mélancolie immuable et exacerbée. Je ne ressens pas l’envie de peindre des paysages ou des nus classiques s’ils ne sont pas l’aboutissement d’un processus conflictuel avec moi-même. La peinture me sert avant tout de thérapie. Elle m’a permis de m’analyser tel que je suis au fil du temps, en profondeur. Elle me libère de mes démons, de mes doutes, parfois elle m’emmène vers des représentations complètement naïves parce que je ressens à cet instant précis un bien-être de gosse. Alors je vais peindre une fleur simplement, sans fioritures. Sans savoir si les règles édictées par des courants académiques ou philosophiques s’appliquent résolument à mon travail.

Vous semblez déborder d’idées et surtout d’ingéniosité. Quelles sont vos méthodes de travail ?

Elles sont fondamentalement expérimentales avant tout. J’ai envie de dire culinaires aussi. Parce que je suis aussi bon cuisinier même si je n’ai pas le temps de m’y consacrer et c’est bien dommage. Ce parallèle d’ailleurs à fait naître une certaine frustration que j’envisage d’aborder plus tard mais elle atteint les limite de l’Arte Povera initié par les artistes Italiens dans les années 60. Quand j’ai envie ou besoin d’exprimer quelque chose, c’est l’assemblage et sa texture, plus que sa représentation qui m’importe. A partir d’une idée donc, je construis une image mentale sans consistance qui me sert de fil conducteur. Ensuite, à partir des ingrédients qui sont à ma portée je lui donne une réalité matérielle. Je fais très peu de croquis préparatoires car je ne connais pas encore à cette étape de mon travail quels seront les outils ou les matériaux que j’utiliserais par la suite. Je passe très peu de temps sur une œuvre. Je veux surtout saisir des instantanés.

Quelle part de liberté critique vous octroyez-vous dans le travail ?

La liberté est totale et sans friction. Ce travail je le fais d’abord pour moi. Même si je ne parviens pas toujours à me l’approprier par la suite, je veux qu’il soit foudroyant. Pas de considération technique ou intellectuelle. Aucun frein culturel ou religieux mais énormément de compassion et de désolation une fois que j’ai « accouché ». Être simplement un vecteur qui transmet, sans la dénaturer, une onde de choc dans une direction parfaitement définie à l’avance mais sans savoir si elle atteindra même un but.

Vos créations révèlent parfois des incertitudes, des peurs, un regard criant de vérité et parfois grinçant sur notre société. Qu’en est-il exactement ?

Absolument ! Comme tout être pensant ici bas je me pose un tas de questions existentielles. Le monde s’essouffle, la nature humaine qui régresse proportionnellement à son taux de croissance. Anatole France disait très justement « Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir d’une façon absurde ». On le vérifie chaque jour ! Il existe pourtant des solutions simples à tous les maux mais nous ne les appliquons pas pour des considérations politico-économiques et religieuses difficiles à remettre en question. C’est absurde mais c’est comme ça. Les occasions de hurler contre la tyrannie, l’intolérance, le racisme, le mépris, l’ignorance, la facilité et j’en passe, alimentent « naturellement » mon travail. C’est un choix délibéré mais je ne fais pas que cela heureusement.

En somme votre peinture est un exutoire. Quelle est la part du beau, du naïf dans votre cheminement ?

Un exutoire ? Absolument. Le nier serait illusoire et complète forfaiture envers moi-même. Je suis perfectionniste et j’aime peaufiner le moindre détail. Mais le « beau » comme vous dîtes est une abstraction en soi. La relation entre la beauté et la laideur est intrinsèque dans le sens ou l’un ne peut avoir de sens sans l’autre. A partir de là et selon quels critères pouvons-nous juger en toute impartialité de ce qui est agréable à regarder et de ce qui ne l’est pas. Ça relève de la perception individuelle, en fonction de ce qui constitue notre être sur le plan physique et sur le plan mental. Par rapport à notre environnement culturel et social et ses influences que nous subissons tous. Je ne juge pas mon travail en fonction de tels critères. Si le résultat m’interpelle j’y adhère, sinon je le réfute sans ménagement. L’analyse qu’en feront les autres en revanche m’intéresse au plus haut point bien sûr mais il n’influencera jamais mes orientations personnelles.

Vous n’hésitez pas à vous mettre en danger et certains vous qualifient même de franc-tireur dans l’art actuel, à une époque ou le politiquement correct voudrait pourtant tout niveler pour mieux asservir les consciences. S’agit t-il d’un témoignage désabusé des hommes, de leurs faiblesses et de leur ignorance ?

C’est exact ! Pour les principes déjà évoqués d’une part et parce que je subis comme tout le monde et depuis toujours les « reliques » du temps passé. Comment les absorber, y faire face ou les ignorer ? J’ai fait le choix de ne pas exposer en public une partie de ma production qui mettrait en danger nombre d’institutions. C’est un choix réfléchi. Parce qu’il me mettrait en danger moi-même et parce qu’il n’est pas de ma volonté d’interférer dans le déroulement d’événements programmés de longue date et sur lesquels je n’aurais aucune influence quoiqu’il arrive de toute façon. Je me place en observateur, j’écoute et surtout j’entends ce qui se dit, mais je ne juge pas. Je témoigne avec mon ressenti ! Je m’exprime en tant qu’individu mais je ne délivre aucun message, simplement des questionnements auxquels tout individu peu répondre librement à condition de ne pas déclencher des événements inconsidérés par ignorance ou par peur surtout. Les Hommes sont pétris d’influences souvent néfastes mais si ça les rassure ils sont prêts à tout accepter. L’ignorance, la solitude, l’inconnu, toutes ces peurs ancestrales dont beaucoup savent tirer profit de quelque manière que ce soit alors qu’elles sont légitimes et font partie de tout être conscient.

Je sais que vous n’aimez pas que l’on vous pose cette question mais je la pose quand même car elle me paraît essentielle. Êtes-vous un visionnaire ?

Clairvoyant me semble plus approprié en ce cas. Pas de visions extravagantes ni de révélations surnaturelles je vous rassure. J’ai connu la folie créatrice et destructrice mais je ne parviens pas à en devenir fou moi-même ou à passer pour tel, c’est un comble non ? Un peu fada certainement comme tout le monde. En fait, pour répondre à votre question, c’est vrai que j’ai cette faculté étrange de pouvoir sentir les choses longtemps avant qu’elles arrivent. Je ne suis pas médium loin de là, mais depuis la tendre enfance, j’entretiens cette analyse forcenée des comportements et des événements qui m’entourent en tenant toujours compte du contexte environnemental dans lequel ils s’inscrivent. Les liens de cause à effet sont ténus. Il y a donc très peu de chance de se tromper, mais ça arrive parfois heureusement !

Pour terminer cet entretien, on évoque une loi sur la défiscalisation des œuvres d’art pour le public. Pensez-vous qu’une telle mesure serait bénéfique pour les artistes ?

Oui je le crois dans la mesure ou elle permettrait de sensibiliser des catégories moins aisées ou moins initiées. Beaucoup d’artistes sortiront sans doute de la précarité, de l’isolement ou de l’anonymat. L’état devrait aussi en tirer un certain bénéfice. Mais cette mesure est tout à fait relative et dépendra surtout des initiatives engagées dans la revalorisation des lieux d’exposition régionaux, dans la démocratisation des valeurs intellectuelles. Les médias ont un rôle important à jouer également même si la presse régionale est déjà fortement sensibilisée. En réalité je suis plutôt optimiste.

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Robert Bourges, portraitiste Graulhétois

Robert Bourges, portraitiste Graulhétois

Ne pensez pas de lui que c’est un ours mal léché en vous rendant sur son site ! Bien au contraire, cet artiste peintre, installé depuis peu à Graulhet, nous livre une bonne dose de bonhommie; marqué de l’empreinte d’une vie aventureusement exceptionnelle que nombre d’entre nous n’ont pu qu’imaginer à travers les écrits de Jack London et de bon nombre d’histoires de pionniers du Grand Nord Canadien.

Oui c’est sans conteste possible l’un des derniers vrais explorateurs de notre temps, tels que ceux entrevus dans les documentaires de Jacques-Yves Cousteau. Technicien en exploration géologique puis chef de laboratoire à la baie James dans le Grand Nord dix années durant, suivi d’un périple de 4 ans autour des États-Unis. Ça forge un puits d’histoires forcément. Toujours marqué d’un léger accent Québécois à condition d’avoir toutefois l’oreille attentive, c’est aussi la rareté d’une rencontre improvisée avec un aventurier hors du commun.

Il est donc inutile ici de parler de ses voyages puisque vous trouverez toutes ces informations sur le site de « T-Bear le Bienheureux ! ». Ou mieux encore, d’aller à sa rencontre au cœur de son charmant atelier de la petite place du Mercadial. Et s’il n’y est pas, c’est qu’il est en mission d’exploration dans le voisinage ou auprès de nos charmants commerçants pour alimenter son imaginaire. Observez les alentours et chercher quelqu’un avec une toile sous le bras. C’est bien lui !

Attentif aux faits et gestes de nos contemporains et de la vie en société comme tout artiste, il transfigure avec une certaine aisance et une parfaite maîtrise, tous les artifices de notre vie d’hommes et de femmes meurtris par le temps, pour ne conserver que la pureté et l’innocence de nos âmes originellement modelées.

Robert Bourges est un « magicien ». Un geste, une attitude, une parole et tout est dit de vous. Tout ce qu’il posera de vous sur sa toile ne sera que sincérité et beauté intérieure. Démarche essentielle pour qui désire se retrouver de l’autre côté du miroir !

De l’éloignement forcé des hommes, nous tirons le meilleur de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils valent. Robert Bourges le sait bien et nous le démontre sans éloquence. Juste pour le plaisir des yeux et la tournure d’esprit que lui procure la discipline.

Un pays sans peintre et sans poète est un pays sans âme. Graulhet vit au rythme de la brique qui s’effrite inlassablement, mais le ciment une nouvelle fois est de retour. Sachons l’accueillir sans crainte afin que les mémoires d’antan ressurgissent d’entre les pierres et se mêlent aux vivants, aux sons des cris de joie des enfants de la rue Pannessac située à deux enjambées de là qu’en d’autres temps il aurait si bien peint.

Point de mascarade ou de martyr dans l’immense farandole qui s’annonce. Robert Bourges est incontestablement de ceux qui animent le cœur de notre cité. Ne le laissons plus s’envoler et gardons-le égoïstement le plus longtemps possible !

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Interview T-Bear (R. Bourges)

Bonjour Robert. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Astrologiquement, un bélier-dragon qui broute la vie avec feu. Autrement, plus physiquement, un barbu grisonnant de soixante-sept ans. Quand j’étais plus jeune, c’était mon nez qui me précédait. Maintenant, c’est ma petite bedaine. Est-ce que ça répond à votre question ?

Sur le plan physique caricatural peut-être, mais pas sur le plan de votre personnalité. D’après ce que je sais de vous, vous êtes un homme ne reculant pas devant les défis. Et des défis, vous en avez relevé pas mal au cours d’une vie aventureuse hors des sentiers battus. Pourriez-vous broder un peu plus sur ce thème ?

Mais pourquoi donc ? vous venez d’ en résumer l’essentiel. Enfin, pas de fausse modestie. Je suis très fier de ma vie, dure mais bien remplie. Le plus spectaculaire de ma carrière fut incontestablement les dix années passées en exploration géologique dans le grand nord Canadien, dont sept écoulées sous la tente, été comme hiver. Il y a eu d’autres moments assez mouvementés mais moins inédits. Mon dernier défi en date, c’est d’entreprendre à soixante sept ans une carrière de peintre public.

Justement, comment en êtes-vous venus à la peinture ?

Depuis ma petite enfance, j’ai aimé peindre. A un journaliste américain qui m’interviewait au sujet d’une fresque que je venais de peindre en Floride, j’avais répondu ceci : j’ai dû peindre ma première fresque à l’âge de trois ou quatre ans. Malheureusement, mes parents n’ont pas apprécié le prodige, vu que c’était sur le mur du salon et qu’ils n’appréciaient pas l’art naïf. En fait, c’est la caricature qui fut ma première arme pour me défendre dans la vie. Mes professeurs apprirent très vite à me respecter pendant mon adolescence. Dissuadé par mes parents d’en faire une carrière, je n’en ai pas abandonné le dessin ou la peinture pour autant, même pendant les grands froids canadiens. Même par –50° centigrades !

Vous ne pouviez certainement pas peindre à l’eau par ces températures là, ni même à l’huile. Quels sont vos médiums préférés et pourquoi ?

Effectivement, pas dehors. Même sous la tente, il gelait ferme pendant la nuit et par beau temps, nous n’obtenions qu’un maigre 10° pendant le jour. Non, à cette époque j’utilisais crayons, fusain, sanguine et pastel qui résistent autant que nous aux températures extrêmes. Hydro Québec, l’équivalent québécois d’E.D.F., m’avait même offert une très belle boîte de pastel et des crayons de couleur pour que je continue à faire les portraits de ceux qui m’entouraient, ce qui améliorait leur moral et le mien pendant les longues nuits d’hiver. Dans des climats plus cléments, j’ai beaucoup peint à l’huile jusqu’à ce que je découvre l’acrylique. Depuis, je ne peins plus qu’avec ce médium beaucoup plus résistant à tout, qui sèche vite et qui est inodore. Quand on passe quatre ans, 365 jours par année à sillonner les États-Unis dans un camping-car, on ne peut se permettre d’attendre que la peinture sèche ni asphyxier son conjoint avec les émanations de la peinture à l’huile. Maintenant, je peins exclusivement à l’acrylique, même au couteau.

Pourquoi et pour qui peignez-vous Robert ?

D’abord et avant tout parce que c’est mon moyen préféré d’expression depuis toujours… enfin, peut-être pas quand j’étais nourrisson, je ne m’en souviens plus très bien vous savez. (rires) Je peins d’abord et avant tout pour moi. Il y a des moments d’inspiration onirique, c’est exaltant. Ils me permettent d’exprimer mes idées et ce que je ressens tout au fond de moi. Mais en dehors de ces moments privilégiés et intimes j’aime beaucoup nous peindre, nous les humains, dans notre vie prosaïque. C’est un peu mon appétit de caricaturiste qui me titille. Maintenant, je suis en train de réaliser mon rêve de jeunesse; devenir un peintre professionnel ou plus exactement un peintre public. Et en tant que tel, je me dois à mon public qui me le rend bien.

Qu’entendez-vous par “peintre public” ?

Justement, me mettre au service du public. Que ce soit en amateur, au temps où je peignais mes compagnons de tente… ou le portrait de leur femme d’après une photo pour la tête et une photo du Playboy pour le corps… (rires). Si, si, c’était très demandé. Tous avaient la nostalgie de leur bien aimée, laissée à plus d’un millier de kilomètres au sud.
Que ce fut en amateur ou maintenant en professionnel, c’est le public qui m’a toujours inspiré. En amateur, il me nourrissait l’esprit. A l’esprit s’ajoute maintenant l’estomac. Et le public a toujours répondu présent partout où je suis passé. Je dois représenter un besoin, une nécessité. Curieusement, ce ne sont pas les plus nantis qui m’ont nourri au début mais souvent les moins favorisés financièrement. Je ne les ai jamais repoussés, bien au contraire. Je dois beaucoup au public, quel qu’il soit. Je l’aime et il me le rend bien. Ma porte est ouverte à tout le monde et il fait presque office maintenant de l’ancien salon de coiffure. La plupart de ceux qui me rendent visite n’ont pas les moyens de se faire tirer le portrait, mais ils ont l’amour de l’art en eux et aussi le besoin de communiquer. Et ils viennent me raconter le passé et le présent à travers tous les potins de la ville. J’aime ça et ça ne m’empêche pas plus de peindre qu’un barbier de raser sa clientèle.

Mais pourquoi avoir choisi Graulhet ?

Je n’ai pas tout d’abord choisi Graulhet, mais c’est Graulhet qui m’a choisi. Il y a deux ans, nous cherchions une location dans le midi de la France et une annonce sur Graulhet semblait répondre à nos besoins. Bon, je savais que ma famille était plus ou moins originaire de la région, plus particulièrement de la Montagne Noire et du Sidobre et j’ai effectivement retrouvé de la famille ici. Ma femme, une Québécoise pure laine, et moi n’avions aucune idée de ce qu’était Graulhet. Ce pays vallonné nous a enchanté, comme un parfum et un rêve de douce France. Nous avons loué. C’est en y vivant que nous avons découvert le charme incroyable de Graulhet tant dans ses ruines que dans la chaleur de ses habitants. Et nous ne sommes pas prêts de nous en lasser, je crois.

Merci beaucoup pour ce témoignage Robert.
Propos recueillis le 16/07/07

Mise à jour du 25 janvier 2014 – Robert Bourges s’est finalement envolé pour rentrer au Canada auprès des siens. Mais toujours présent en esprit et dans nos cœurs, vous pouvez lui rendre visite ici :

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